En 2016, Gwenaëlle Chevance a créé l’association des Minouchats à Muel (35). L’objectif était d’accueillir les chats atteints du FIV et de sensibiliser le public à la maladie. Aujourd’hui, les missions ont évolué mais l’association n’a pas oublié sa première vocation. Rencontre avec Gwenaëlle, sa présidente, et Annette Leduc, une de ses bénévoles des plus dévouées.


Noisette, Nutella, Jojo, Zouzou, Dadou, Maya, Ma douce, Merlin… autant de noms que de chats dont s’occupe Annette. Cette retraitée très engagée dans la vie associative nous ouvre les portes de sa tribu. Sur les huit chats présents chez elle, seuls trois sont des pensionnaires permanents. Les autres sont accueillis temporairement dans le cadre de sa mission de famille d’accueil, qu’elle mène avec passion et dévouement depuis plusieurs années.
Une rencontre née d’une passion commune
Annette rejoint l’Association des P’tits Korrigans en 2012, une structure dédiée au sauvetage des chats, chiens et NAC en détresse. Elle y rencontre Gwenaëlle, également bénévole. Faute de moyens pour assurer leur quarantaine, les chats atteints du sida félin (FIV, Virus de l’Immunodéficience Féline) ne peuvent y être accueillis. Pour leur éviter l’euthanasie, Gwenaëlle décide alors de créer sa propre structure : les Minouchats.
Accueillir et informer
Elle se spécialise alors dans le sauvetage des chats FIV en aménageant des espaces dédiés au refuge. Une seconde zone est consacrée aux prises en charge plus classiques : chatons à sociabiliser, à stériliser, chats blessés ou malades… Jusqu’à une vingtaine de chats ont ainsi pu être accueillis simultanément, dans des espaces sécurisés avec accès extérieur et intérieur chauffé.
Au lancement de l’association, le FIV restait mal connu du grand public, y compris de certains vétérinaires, notamment sur ses modes de transmission. Le sauvetage s’est donc accompagné d’un important travail de sensibilisation : la transmission du virus se produit surtout lors de bagarres entre mâles et d’une morsure profonde. Gwenaëlle diffuse largement ces informations via des supports pédagogiques.
Soigner grâce aux familles relais
Le recours à des familles d’accueil est essentiel pour héberger les chats pendant leurs soins, avant adoption. Chatons, animaux malades ou en convalescence nécessitent un cadre adapté.
L’association compte aujourd’hui une poignée de familles relais, mais les volontaires restent difficiles à mobiliser : ces accueils demandent de l’espace, parfois une mise en quarantaine, et beaucoup de patience, notamment avec les chats sauvages.
Il arrive d’ailleurs que ces accueils temporaires se transforment en adoptions définitives, comme pour Annette. Toujours famille relais des Minouchats et de la SPA, elle prend aujourd’hui soin de Hermione, atteinte de calicivirose, à qui elle apporte traitements et attention au quotidien.
Les compétences des bénévoles nourrissent aussi les projets de l’association. Couturière de formation, Annette confectionne ainsi divers objets vendus lors d’événements ou via la boutique : coussins, hamacs, couvertures, accessoires médicaux ou encore sacs et lingettes, aux motifs colorés dédiés aux félins comme aux humains.
Les besoins de l’association
Aujourd’hui, le regard porté sur les chats FIV a évolué : leur mise en quarantaine n’est plus systématique, ce qui facilite leur prise en charge. La sensibilisation reste toutefois essentielle, notamment sur la stérilisation, levier clé pour limiter la propagation du virus.
Bien identifiée localement, l’association reçoit de nombreuses sollicitations auxquelles elle ne peut pas toujours répondre. Malgré le soutien de vétérinaires partenaires et une subvention communale, les coûts restent élevés. Par exemple, une amputation lors du dernier sauvetage peut atteindre 700 €. Les prises en charge sont donc plus limitées. Gwenaelle propose désormais du prêt de matériel de capture et une aide à la stérilisation des chats, sous condition de remise sur site et de suivi, avec une participation sous forme de don déductible des impôts.
Elle s’appuie aussi sur un réseau de confiance avec les vétérinaires, qui la sollicitent parfois directement pour prendre en charge certains animaux. Par ailleurs, d’autres associations prennent le relais pour faciliter les adoptions.
Enfin, le nombre de chats à stériliser ne diminue pas, bien au contraire. Le réchauffement climatique modifie les cycles de reproduction : les portées, autrefois saisonnières, s’étalent désormais sur presque toute l’année, avec jusqu’à quatre portées annuelles. Depuis une dizaine d’années, près de 200 chats ont ainsi été sauvés grâce aux Minouchats et tout autant stérilisés et relâchés. Une mission qui reste plus que jamais d’actualité.

Couturière de formation, Annette
confectionne divers objets en tissu.
Vendus lors d’évenements ou via la
boutique, ils sont réalisés en partie
grâce à des chutes de tissus récupérés
ou par le biais de dons de tissus. C’est
le cas de Centravet qui a ainsi soutenu
l’association en donnant des restes de
tissus provenant de la marque Vetfun
autrefois distribuée.







Publié le 5/30/2026