Pourquoi les comptes rendus pèsent dans le quotidien
Le soin prodigué à l’animal ne s’arrête pas à la fin de la consultation. Chaque acte médical doit être consigné. Pour une même consultation, le vétérinaire rédige parfois jusqu’à trois comptes rendus : une version pour l’équipe, un document pour le propriétaire, et un autre destiné au confrère référent.
Cette exigence de traçabilité est indispensable à la qualité du suivi médical, à la continuité des soins et à la crédibilité professionnelle de la structure. Elle représente cependant une charge significative au quotidien. Entre la précision médicale attendue, l’adaptation du niveau de langage selon le destinataire et des contraintes de temps de plus en plus fortes, la rédaction des comptes rendus reste l’un des irritants majeurs de la pratique, plus encore dans les structures de référés ou à forte activité.
Quand l’IA s’invite dans la pratique vétérinaire
Ces dernières années, l’IA a connu des avancées rapides, aussi bien en santé humaine qu’en santé animale. Elle fait désormais partie des outils explorés par les cliniques vétérinaires, notamment pour la rédaction des comptes rendus à partir d’un enregistrement vocal.
Le principe est simple : le vétérinaire enregistre sa consultation, l’outil structure le texte qui est ensuite relu, corrigé et validé par le vétérinaire. L’objectif n’est pas de déléguer l’analyse médicale, mais de simplifier une étape répétitive et chronophage.
Dans gmvet, cet usage se concrétise avec VetVoice, une solution HVC premium, intégrée directement au logiciel métier.
Ce que montrent les premiers retours
Durant la phase de test courant 2025, plus de 2 200 comptes rendus et environ 410 000 mots produits. En pratique, 44 % du temps de consultation a été associé à l’usage de l’outil.
Les vétérinaires participants soulignent globalement la fiabilité de la transcription. Les textes générés nécessitent parfois des ajustements : reformulations, précisions, corrections ponctuelles d’interprétation ou d’ambiguïté. Toutefois, la majorité des modifications porte davantage sur le style et l’adaptation au destinataire que sur le fond.
Ces résultats confirment que l’IA constitue un véritable support à la rédaction, sans jamais se substituer au rôle du praticien.
Un gain de temps, mais surtout un gain qualitatif
Certains utilisateurs gmvet estiment que VetVoice leur permet de gagner jusqu’à trente minutes par jour. Mais au-delà de ce gain de temps, les retours mettent surtout en avant un bénéfice qualitatif.
Le temps libéré est majoritairement réinvesti dans la relation client : expliquer les décisions médicales, répondre aux questions, accompagner les propriétaires. Moins de temps passé derrière un écran, plus de disponibilité pour écouter, expliquer et rassurer.
L’IA devient ainsi un levier indirect d’amélioration de l’expérience client.
Des axes d’amélioration identifiés
Comme toute innovation, l’outil continue d’évoluer. Les retours terrain ont permis d’identifier plusieurs axes d’amélioration :
- la diversification des trames de comptes rendus pour mieux s’adapter aux circonstances (consultation générale, échographie, chirurgie…),
- un espace de relecture et de mise en forme plus confortable dans gmvet,
- l’intégration future d’éléments complémentaires, comme les images ou observations.
Ces attentes traduisent un intérêt croissant et une projection concrète des utilisateurs dans l’usage quotidien de l’outil.
Cadre réglementaire et responsabilité du praticien
L’usage de l’IA ne dispense jamais de la responsabilité du vétérinaire. La relecture demeure indispensable, à la fois pour garantir la fidélité du compte rendu et pour assurer la qualité de l’information transmise.
Sur le plan réglementaire, l’enregistrement vocal implique le recueil préalable du consentement du client, ainsi que le respect strict des règles de protection des données personnelles conformément au RGPD. La sécurité, la traçabilité et la transparence sur l’usage des données constituent des prérequis incontournables pour toute solution d’IA en santé animale.
Un assistant, pas un remplaçant
L’IA ne remplace ni l’expertise clinique, ni le raisonnement médical, ni la relation humaine, qui demeure au coeur du métier vétérinaire. Elle s’inscrit comme un assistant numérique, destiné à soulager une tâche administrative afin de recentrer le praticien sur son coeur de métier.
Elle fait toutefois évoluer les attentes : intégration fluide dans les logiciels métiers, fiabilité, transparence, coût maîtrisé et capacité d’adaptation aux pratiques de chaque structure.
Vers une adoption progressive
L’IA appliquée aux comptes rendus vétérinaires en est encore à ses débuts. Son adoption se fera progressivement, au rythme des besoins des structures et de la confiance accordée aux outils.
Les retours de terrain convergent néanmoins sur un point : lorsqu’elle est bien intégrée, sécurisée et conçue à partir des usages réels, elle répond à une problématique clairement identifiée par les équipes vétérinaires.
La vision de Mathieu Lamant (HVC)
Praticien vétérinaire et fondateur de la société HVC, Mathieu Lamant défend une approche pragmatique de l’intelligence artificielle :
« Il s’agit de recruter l’IA pour certaines tâches sans valeur ajoutée, afin de permettre aux vétérinaires de se concentrer sur leur coeur de métier. »
Convaincu que l’avenir réside dans l’intégration fluide de l’IA aux logiciels métiers, il rappelle que la véritable richesse de ces outils repose sur leur conception par des vétérinaires, pour des vétérinaires.
Cet article a été rédigé en collaboration avec le Dr Mathieu Lamant
Cet article a été rédigé en collaboration avec le Dr Mathieu Lamant, praticien vétérinaire et fondateur de HVC, qui nous a accompagnés dans la réflexion, la structuration et l’analyse des usages de l’intelligence artificielle appliquée aux comptes rendus vétérinaires.
Son regard de terrain et sa vision pragmatique ont guidé l’ensemble de cette rédaction, afin de proposer une approche réaliste, utile et fidèle aux attentes des praticiens.
Publié le 10/3/2026